CONNAITRE LA CHRONOBIOLOGIE POUR MIEUX PRENDRE SOIN DE VOTRE CORPS

Publié le par Christyn

CONNAITRE LA CHRONOBIOLOGIE POUR MIEUX PRENDRE SOIN DE VOTRE CORPS

Je vous ai déjà parlé de la chronobiologie, cette science des rythmes biologiques qui régit notre corps sur une période de 24 heures. Elle gère la façon dont nous vivons, mangeons, aimons etc… En bref, elle dirige le cours de notre vie et la manière dont celle-ci se déroulera de la naissance au dernier jour de notre existence.

 

Avec un dialogue épuré pour une meilleure compréhension, voici les notions fondamentales de la chronobiologie afin de bien l’appréhender dans le but évident de parvenir à vivre mieux et en meilleure santé.

 

 

1-/ Pourquoi la chronobiologie est-elle une science récente ?

 

Ce n’est que depuis 1960 que les chronobiologistes ont pu disposer des outils d’analyse (biologiques pour le recueil de données, informatiques et statistiques pour traiter celles-ci) nécessaires à l’étude des rythmes de l’organisme.

 

 

2-/ La chronobiologie est-elle une science reconnue ?

 

Oui, désormais. Il existe à la fois une Société francophone de chronobiologie, qui édite pour ses membres un périodique « Rythmes » et à son site Internet, et également une association mondiale l’International Society of Chronobiology, qui regroupe tous les chercheurs intéressés par cette spécialité scientifique. La chronobiologie est enseignée aux Etats-Unis mais aussi en France à la faculté de médecine Pitié Salpêtrière à Paris par le professeur Yvan TOUITOU, professeur émérite des universités et ancien chef de service de la Pitié Salpêtrière.

3-/ De quand datent vraiment les débuts de la chronobiologie ?

 

La chronobiologie date du début du XXème siècle, grâce à deux découvertes fondamentales du botaniste allemand Erwin Bünning :

 

  • Il existe chez les plantes (et chez les animaux) des systèmes qui leur permettent de mesurer le temps, autrement dit des horloges biologiques.

 

  • Ces rythmes biologiques ont un caractère génétique (fait récemment confirmé par la biologie moléculaire).
     

 

4-/ Les rythmes biologiques se transmettent-ils de génération en génération ?

 

Oui, en effet ! Chez les végétaux et les animaux comme chez l’homme. On n’a pas encore isolé le gène chronobiologique chez ce dernier, mais cela a été fait chez les animaux, plus précisément les insectes.

 

 

5-/ Pourquoi les synchronisateurs ont-ils une telle importance ?

 

Parce que les horloges biologiques, comme toutes les horloges, ont besoin d’un système de « remise à l’heure », qui suppose l’intervention de signaux externes et précis, les synchronisateurs. Pour la plupart des espèces animales et végétales, le signal est donné par l’alternance du jour et de la nuit (plus exactement l’aube et le crépuscule). Chez l’homme s’y ajoutent les impératifs horaires liés à la vie sociale et professionnelle.

 

 

 

6-/ Pourquoi la vie sociale peut-elle être un synchronisateur pour l’homme ?

 

L’homme dispose de deux horloges biologiques cérébrales : la première est le noyau suprachiasmatique situé dans l’hypothalamus, sensible au cycle lumière-obscurité, il régule la plupart des rythmes biologiques hormonaux.

La seconde, plus profonde, est située dans l’épiphyse (ou glande pinéale) qui joue un rôle de régulateur de fond.

Il existe cependant une troisième horloge biologique cérébrale, dit « fonctionnelle » : c’est le cortex, c’est-à-dire la partie intelligente du cerveau humain, celle qui nous permet de réfléchir, de penser et de nous adapter à la vie sociale, c’est ce qui explique l’impact des rythmes sociaux sur la chronobiologie de notre corps.

 

 

7-/ l’homme peut-il outrepasser les rythmes biologiques normaux ?

 

Oui, bien entendu. Grâce à son cortex cérébral, la troisième horloge biologique dont il dispose. Mais il devra ensuite se soumettre à une « remise à l’heure » de ses autres horloges internes.

 

 

8-/ Cela explique-t-il le phénomène du Jet lag ?

 

Oui. Dans cette situation les horloges de l’organisme doivent se mettre à l’heure locale d’arrivée. Or il existe une phase transitoire résultant du fait que toutes les horloges biologiques ne s’ajustent pas à l’heure locale à la même vitesse.

Le rythme veille-sommeil s’adapte assez rapidement (en un à deux jours), mais la température de l’organisme ne va retrouver son rythme circadien qu’en une semaine. Quant aux horloges des glandes responsables de la sécrétion des hormones de stress, les corticosurrénales, elles ne reprennent leur rythme habituel qu’en deux à quatre semaines selon les individus.

 

 

Jet lag : Le syndrome du jet lag correspond à une désynchronisation. Ainsi, les heures de repas, l'activité et l'endormissement sont décalés pour un individu donné par rapport à ses habitudes.

9-/ Tout le monde souffre-t-il de la même manière du jet lag ?

 

Non, si tout le monde est plus ou moins affecté, certaines personnes ajustent très rapidement leur rythme et d’autres beaucoup plus lentement.

 

 

10-/ Pourquoi les effets du décalage horaire sont-ils plus marqués lorsque l’on va de l’ouest vers l’est ?

 

Quand on vole vers l’ouest, de Paris à Chicago par exemple, on annule les synchronisateurs et on allonge la durée de la période circadienne. On vit en fait une journée plus longue et l’ajustement est assez facile. En revanche, en sens inverse, si la période circadienne est également allongée, la durée du jour est plus courte. Il est beaucoup plus difficile pour l’organisme de s’ajuster à ce décalage.

 

 

11-/ Quel est le rythme fondamental chez l’homme ?

 

C’est le cycle veille-sommeil, mais il varie d’un individu à l’autre. Ainsi chacun à son propre rythme. Il existe de petits dormeurs qui n’ont besoin que de 6 heures de sommeil quotidien. Ils représentent 15 % de la population. En revanche, certaines personnes sont épuisées si elles dorment moins de 9 heures.

 

 

12-/ Comment expliquer cette disparité ?

 

La différence entre petits et gros dormeurs porte sur la durée du sommeil léger (stage 1 et 2) et du sommeil paradoxal (celui des rêves). Par contre, nous avons tous besoin de la même quantité de sommeil profond.

13-/ Les rythmes circadiens sont réglés sur un cycle de 24 heures. Quels sont les autres rythmes de la vie courante ?

 

Il existe des rythmes rapides dits ultradiens. Ils règlent les cycles de 90 minutes auxquels nous sommes soumis durant la nuit (sommeil paradoxal) et à l’état de veille (vigilance). Il est fondamental de les prendre en compte pour une organisation rationnelle du travail. A l’inverse, il existe des rythmes infradiens dont la durée est supérieure à la journée. Un exemple évident en est le cycle menstruel de 28 jours chez la femme.

 

 

14-/ Existe-il un rapport entre les biorythmes et la chronobiologie ?

 

Absolument aucun. Les adeptes de la théorie des biorythmes considèrent que l’homme est gouverné par trois rythmes (physique, émotionnel, intellectuel) d’une durée rétrospective de 18, 21, 26 jours. Ils se proposent sur ces bases de calculer les périodes favorables ou néfastes pour chacun. Sans aucun fondement scientifique, cette théorie a vu démontrer par diverses études que ces pseudo-rythmes étaient plus que fantaisistes.

En revanche, de nombreuses expériences scientifiques rigoureuses sont venues confirmer la validité des thèses de la chronobiologie.

 

 

15-/ Quel est l’avenir de la chronobiologie ?

 

Cette science en est encore à ses balbutiements. Dans les années qui viennent il va être indispensable d’adapter les traitements existants pour telle ou telle maladie aux rythmes biologiques qui modifient profondément les réactions de l’organisme à telle ou telle médication. C’est tout l’avenir de la chronothérapeutique. De façon générale, la chronobiologie devrait aussi transformer tout un ensemble d’habitudes individuelles et sociales en les adaptant avec plus de souplesse aux rythmes naturels.

 

A bientôt

 

Carpe Diem

Publié dans Healthy body

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